Les facteurs économiques de la consommation

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Sommaire

Les facteurs économiques de la consommation

La satisfaction des besoins

La consommation a pour but de satisfaire des besoins : ceux-ci déterminent donc la consommation dans la mesure où sans besoin, il n’y a pas de consommation. De plus, plus un produit est cher, moins on en achète (relation décroissante), mis à part les biens concernés par l’effet Giffen et l’effet Veblen. Le taux d’intérêt conditionne l’accès à la consommation avec une relation décroissante (hausse du crédit si diminution des taux d’intérêt). Le revenu permet l’accès à la consommation avec une relation croissante.

Keynes : La consommation globale dépend du revenu global

Selon John Maynard Keynes, le revenu global est un facteur économique de la consommation. On peut représenter la relation existant entre revenu et consommation par une courbe commençant à une ordonnée positive à abscisse zéro – puisque sans revenu, on peut toujours consommer -, ayant une croissance logarithmique. En effet, la consommation a une augmentation proportionnellement inférieure à l’augmentation du revenu. En effet, le revenu est aussi utilisé pour épargner et l’épargne a une augmentation plus que proportionnelle au revenu. En valeur absolue, la valeur de la consommation augmente, mais proportionnellement, elle diminue. La part du revenu consacré à la consommation s’appelle la propension moyenne à consommer.

La loi psychologique fondamentale de Keynes énonce que “la propension à consommer est une fonction assez stable et le montant de la consommation globale dépend essentiellement du montant du revenu global”.

Selon l’effet cliquet (démontré par le post-keynésien T.M Brown en 1952), la consommation dépend du revenu de la période présente, mais aussi du revenu le plus élevé atteint dans le passé (la consommation dépend des habitudes de consommation et de revenu). En cas de baisse de revenu, les ménages maintiennent leur niveau de consommation en s’endettant ou en puisant dans leur épargne : ils ne s’adaptent pas tout de suite. Il existe donc un décalage entre le moment où le revenu baisse et celui où l’individu prend en compte dans sa consommation cette baisse de revenu.

Milton Friedman, économiste néolibéral, parle quant à lui de revenu permanent : le revenu conditionne les actes d’achat, mais la consommation est influencée par les revenus des périodes passées, présentes et futures (revenu anticipé). Friedman remet en cause la vision keynésienne : le revenu ne dépend pas de la période actuelle, mais du revenu que l’on a tout au long de sa vie.

Le cycle de vie

Le cycle de vie, mis en évidence par le prix Nobel d’économie 1985 Franco Modigliani, est un autre facteur économique de la consommation. Selon Franco Modigliani, l’âge du consommateur rentre en compte dans la détermination de la fonction de consommation : à chaque âge correspond une consommation. En effet, au début de sa vie, l’individu a des revenus faibles qui l’obligent à désépargner. Par la suite, il augmente ses revenus, sa consommation et son épargne afin de prévoir sa vieillesse. Lors de sa vieillesse, il consomme son épargne.

L’offre

L’offre est-elle un facteur économique de consommation ou est-ce la consommation qui est un facteur de l’offre ? La théorie de la filière inversée (John Kenneth Galbraith) remet en cause la croyance selon laquelle l’offre s’adapte à la demande (la demande conditionne la production). Selon Galbraith, ce sont les entreprises qui conditionnent le consommateur dans l’acte d’achat en lui donnant l’impression d’être souverain (publicité et information). Dans l’acte d’achat, le consommateur dispose de son jugement, la publicité ne remettant pas en cause le jugement personnel.

Le patrimoine

Le patrimoine constitue un important facteur économique de la consommation. En effet, le patrimoine conditionne la consommation en quantité et en qualité: plus le patrimoine d’un individu est important, plus il a tendance à consommer (même s’il a déjà beaucoup) et plus il consomme des produits de bonne qualité (donc plus onéreux). Le fait d’avoir un patrimoine à disponibilité permet de “se reposer dessus” (on peut vendre si jamais on a besoin d’argent).

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