Chômage : Une grande diversité de situations

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Sommaire

Chômage : Une grande diversité de situations

Le chômage dans les pays de l’OCDE avant et après 2008

Avant la crise de 2008, les taux de chômage anglais et américain se situaient entre 4 et 5%, avec un taux de rotation assez élevé, grâce à un marché du travail très souple (cas typique des marchés anglo-saxons). Les pays à faible population (Irlande, Portugal, Grèce, Luxembourg, Pays-Bas) avaient un taux de chômage relativement faible (6% pour le Portugal et la Grèce, 2,6% au Luxembourg). Enfin, les grands pays européens (France et Allemagne) avaient un taux de chômage assez élevé (8 à 10%), avec un taux allemand inférieur au taux français. L’Espagne (22% avant l’Union, 12% par la suite) et l’Italie étaient les pays qui avaient le taux de chômage le plus élevé. Enfin, le Japon avait un taux de chômage très faible (2% avant la crise, 4% avec).

Avec la crise, l’Irlande, l’Espagne et la Grèce ont été très touchées, Tous les pays ont été affectés par la crise de 2008, mais ce sont surtout l’Irlande, l’Espagne et la Grèce qui sont les pays les plus touchés avec des taux de chômage atteignant pour l’Espagne presque 25% de la population active… Le Japon n’est pas épargné, ce même si le taux de 4% correspondrait à une situation de quasi plein-emploi en France…

Les phases d’évolution du chômage (1945 – 2013) en France

Évolution du chômage en France de 1975 à 2013
Évolution du chômage en France de 1975 à 2013
  • De 1945 à 1962, le chômage est faible, voire inexistant (0,4%) : les besoins de reconstruction sont très élevés et les minima sociaux n’existent pas (le marché n’est donc pas rigide). Le besoin de main d’œuvre est très important et provoque plusieurs vagues d’immigration.
  • De 1962 à 1973, la population active augmente (à cause du baby-boom, des rapatriés d’Algérie et de la féminisation). Le taux de chômage s’élève et passe à 2,9% de la population active en 1973. Les gains de productivité commencent à se tasser.
  • De 1973 à 1985, le taux de chômage grimpe jusqu’à atteindre les 10% en 1985. Les trois crises – fordiste, pétrolière et financière -, auxquelles s’ajoute la récession, obligent les entreprises à licencier. Les secteurs traditionnels sont abandonnés.
  • De 1985 à 1990, on constate une légère baisse (8,9%) grâce au contrechoc pétrolier avec l’effondrement du prix de nombreuses matières premières. En 1987, une crise secoue la France (le gouvernement précédent avait créé presque 500 000 emplois dans la fonction publique, auxquels s’ajoutaient les nombreuses préretraites et retraites anticipées) mais elle réagit positivement et l’emploi reprend peu à peu.
  • De 1990 à 1995, le chômage augmente de nouveau jusqu’à atteindre 12,8% de la population active. La récession de 1993 et des taux d’intérêts très élevés (empêchant les entreprises d’investir) expliquent ce taux de chômage élevé.
  • De 1995 à 2000, la croissance économique permet de diminuer le taux de chômage qui diminue de 4 points pour atteindre presque 8%.
  • De 2001 à 2005, la situation se dégrade à nouveau à cause des multiples petites crises, le taux rejoint 9,5%. La crise des années 2000 – 2001, les attentats du 11 septembre 2001 et l’économie mondiale à bout de souffle expliquent cette dégradation, tout comme l’émergence de nouvelles puissances telles que les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud).
  • De 2005 à mai 2008, l’emploi s’améliore nettement : le taux de chômage passe de 9,5% à 7,5% grâce au papy-boom (personnes nées entre 1945 et 1950) qui permet de libérer des emplois qui deviennent disponibles.
  • Depuis mai 2008, à cause de la crise, le taux de chômage repart à la hausse et atteint les 10%. Les nombreux départs à la retraite ne suffisent pas à éponger le marché du travail qui reste saturé dans de nombreux postes.

Tous égaux devant le chômage ?

Les statistiques permettent de distinguer les critères suivants :

Âge : Le taux de chômage des jeunes (15-24 ans) correspond presque au triple de celui de la tranche supérieure (25-49 ans).

Sexe : Le chômage touche plus les femmes que les hommes.

Diplôme : Les sans-diplômés sont proportionnellement beaucoup plus nombreux à être au chômage que les diplômés. De même, plus le diplôme est élevé, plus les chances de trouver un emploi sont nombreuses.

Nationalité : Les immigrés ont moins de chance de trouver du travail que les nationaux (cela est notamment dû aux rigidités à l’embauche de salariés étrangers).

Géographie : Les régions du nord et du sud de la France ont un taux de chômage plus élevé que les régions centrales.

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