Approche de la science économique

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Approche de la science économique

Les besoins : définition, caractéristiques et classification

Définition

Le besoin est un état qui anime tous les hommes. Il se traduit par un manque, une carence (tout comme l’envie). Il est donc possible de définir le besoin comme étant une envie, mais le besoin est plus profond que l’envie. Il provoque une action visant à éliminer ce besoin, cette insatisfaction. La rationalité est le comportement visant à obtenir le maximum de satisfaction en évitant le maximum de contraintes.

La rationalité économique du consommateur est le comportement visant à rechercher le maximum de satisfaction au moindre coût, au moindre prix par rapport à son revenu (c’est la contrainte budgétaire). La rationalité économique du producteur est le comportement visant à maximiser les profits, le chiffre d’affaire en minimisant les coûts de production (réduction salariale, économies d’échelle…) tout en tenant compte des exigences de qualité de la clientèle.

Le Service Public vise à procurer un service au maximum d’individus.

Caractéristiques

Les besoins sont illimités en nombre et peuvent être mis dans trois groupes différents : les besoins physiologiques, c’est-à-dire par rapport aux organes tels que manger, boire ou dormir, les besoins matériels, tels que l’ameublement ou l’électroménager, et les besoins qualifiables de « sociaux », tels que le cinéma, le voyage ou les vacances.

Un besoin est toutefois limité et peut disparaître. On parle ainsi de la satiabilité des besoins (ils sont satiables) : l’intensité du besoin baisse au fur et à mesure qu’on le satisfait. Il existe malgré tout quelques besoins insatiables tels que l’argent, par exemple.

Classification

Abraham Moslow a proposé une classification des besoins selon leur importance. L’individu cherche à satisfaire les besoins inférieurs avant de penser à satisfaire les besoins supérieurs.

Les biens non économiques et économiques : nature et utilisation des biens

Les biens non économiques sont les biens abondants ou surabondants ne nécessitant pas de travail pour être produits : on se sert donc directement dans la nature. Ces biens ne nécessitant pas de travail, ils n’ont pas de prix et sont donc gratuits. Ainsi, la lumière du soleil, l’air et l’eau de la mer sont des biens non économiques.

Les biens économiques sont des biens rares et/ou demandant du travail pour être produits.

En économie, on étudiera davantage les biens économiques.

Les produits peuvent être soit immatériels, ce sont alors des services, soit matériels, ce sont alors des biens. On distingue les biens de consommation et les biens de production.

L’activité de la science économique

Selon ce qui précède, les hommes ont des besoins illimités, mais les biens économiques sont en quantité limitée, ils sont rares. Ils prennent donc des décisions selon des choix individuels concernant la gestion des ressources rares qui aboutit à une production. L’économie est l’art de la gestion des ressources/biens rares.

Concernant la production, plusieurs questions se posent, à commencer par la question des facteurs :  quels facteurs utiliser et en quelle quantité ? On peut dénombrer trois facteurs de production : le travail, le capital et la terre. L’abondance d’un bien détermine son prix.

De l’activité de production est dégagé un chiffre d’affaire qui permet une répartition, une redistribution des revenus en fonction des compétences (âge, expérience, diplôme…), de la nature du poste occupé, du rythme de travail, de la rapidité d’exécution du travail/des performances…

Ces revenus sont soit consommés, soit épargnés : il y a donc encore un choix.

Les principaux courants de la pensée économique (XV – XIXème siècle)

Les mercantilistes : espagnols, français et anglais (XV – XVIème siècle : époque des grandes découvertes)

En 1492 a lieu la découverte de l’Amérique et de l’or et de l’argent en grandes quantités. Les mercantilistes pensent s’enrichir en accumulant ces métaux précieux. Les ressources sont donc extraites en Amérique du Sud ou en Amérique Centrale pour être exploitées en Europe.

Selon les mercantilistes, l’or et l’argent sont des richesses permettant la puissance et la prospérité de la nation et donc la satisfaction du peuple. Il faut donc donner plus de pouvoir à l’Etat, aux dirigeants, seuls êtres capables d’enrichir la nation via des lois et des prises de décision.

Toujours selon les mercantilistes, il faut exploiter les richesses pour les accumuler. Pour ce faire, plusieurs tactiques existent :

  • Espagnole : Recherche des métaux précieux et interdiction de les exporter hors du territoire national. Cela débouche sur une accumulation des métaux précieux. Cette tactique porte le nom de Bullionisme, de bullion (lingot) en anglais. Cette technique vise à accumuler de la richesse, donc de la puissance et à empêcher toute sortie de richesse du territoire national.
  • Française :  Colbertisme (de Colbert) : Il faut commercer pour s’enrichir, la France ne possédant pas de colonies productrices de métaux précieux. On assiste donc à la création de manufactures, telles que la Manufacture des Gobelins à Paris, qui produisent des produits essentiellement luxueux (à haute valeur ajoutée) tels que des armes, des tapisseries, des objets divers… En vendant ces objets, on obtient des métaux précieux. C’est un « système industriel », plus ouvert que les Espagnols sur l’extérieur, mais assez protectionniste pour éviter la fuite de métaux précieux. C’est donc une vision commerciale.
  • Anglaise : Le Commercialisme (mercantilisme britannique) s’appuie sur la balance des comptes ou balance commerciale (différence des exportations par rapport aux importations). Il vise à maximiser les exportations et minimiser les importations pour obtenir une balance commerciale excédentaire. On cherche donc à favoriser les exportations.

Aspects positifs

Aspects négatifs

Développement de relations commerciales internes Protectionnisme
Apport de la prospérité, mais la richesse est réservée à une élite minoritaire Inflation non contrôlable (fin XVIème – début XVIIème), donc paupérisation, donc décimation de la population, donc déclin démographique
Insatiabilité interne

Selon la théorie quantitative de la monnaie, une augmentation de la masse monétaire provoque une hausse des prix, si la hausse de la masse monétaire est supérieure aux besoins de l’économie. La banque centrale doit veiller à ce qu’il y ait la bonne quantité de monnaie au bon moment. Pour ce faire, elle dispose d’obligations, de titres de créances qu’elle peut distribuer à haut taux d’intérêt pour inciter les banques à emprunter et des taux directeurs. Dans le cas du mercantilisme, l’arrivée en abondance des métaux précieux a augmenté le nombre de moyen de paiement et a donc fait augmenté la consommation donc les prix ont augmentés.

Les mercantilistes ont révélés les premiers liens entre la masse monétaire et l’inflation. Ce n’est pas une théorie économique unifiée : cette approche ne propose en effet pas de système de fonctionnement économique optimal.

Comme auteurs mercantilistes, on peut citer Jean Bodin (1530 – 1596), Antoine de Montchrétien et William Petty. Cependant, ce fut plus un échec qu’une réussite : le mercantilisme a provoqué une paupérisation et de l’inflation.

Le courant libéral

Les classiques et néo-classiques partagent des bases communes. Ces courants se basent sur l’échec du mercantilisme et concluent que la réglementation a abouti à la paupérisation. Ils partagent également les « lois naturelles du marché » (loi de l’offre et de la demande, loi de l’équilibre de Pareto).

Les classiques (XVIIIème – XIXème siècle)

Les classiques condamnent l’intervention de l’Etat qui ne permet pas l’enrichissement de la nation. C’est l’individu et ses choix individuels qui assure la prospérité. Les classiques se basent sur la rationalité de l’individu et l’individualisme.

Cette analyse apparaît dans un contexte de révolution. Politique d’abord, avec la révolution française en 1789 précédé d’un siècle par la révolution britannique en 1688 qui aboutit à la monarchie parlementaire. Philosophique ensuite, avec le « siècle des Lumières » et des libertés : liberté de penser, liberté de créer, liberté de travailler, liberté d’expression, liberté de s’installer… Cela permet une acceptation des choix individuels et du droit de s’exprimer.

Le siècle des Lumières, caractérisé par des philosophes tels que Voltaire, Rousseau, Diderot ou encore Montesquieu, apporte également l’idée de démocratie. En 1791, la loi Le Chapellier abolit les corporations qui constituaient un obstacle à la concurrence (via des barrières à l’entrée) et permet une plus grande liberté vis-à-vis de la consommation, de la production… Le droit de posséder est également au cœur de la théorie libérale.

La loi naturelle du marché est la loi de l’offre et de la demande qui permet d’obtenir un équilibre sur un marché en laissant faire le marché. Si l’offre est égal à la demande, on est en situation d’équilibre. Si un déséquilibre apparaît, il se résorbera de lui-même. En effet, si l’offre est supérieure à la demande, les prix diminueront. Des offreurs partiront alors car leur activité ne leur paraîtra plus rentable et des demandeurs arriveront, attirés par la diminution du prix. Ainsi, l’offre diminuera et la demande augmentera. L’offre sera donc égale à la demande. Tout cela à condition que les individus soit rationnels et qu’il n’y ait aucune rigidité : il faut « laisser-faire ». De même, si l’offre est inférieur à la demande, les prix augmenteront et des offreurs viendront, attirés par la hausse du prix et la perspective de profits, et des demandeurs partiront car le produit sera devenu trop cher. L’offre augmentera et la demande diminuera. On arrive, là encore, à une situation d’équilibre où l’offre et la demande sont égaux.

Pour les libéraux, la somme des intérêts particuliers est égale à l’intérêt général. Les intérêts particuliers conduisent au bien-être et au progrès collectif. La « main invisible » d’Adam Smith est une loi naturelle qui harmonise les intérêts particuliers. Les libéraux condamnent toute intervention de l’Etat et ont toute confiance dans le marché. L’Etat rend le marché inefficace et a un effet perturbateur sur le marché. Les libéraux acceptent donc un Etat régalien, limité aux domaines de Justice, de Sécurité intérieure (Police) et extérieure (Armée) et à la Frappe de la monnaie, auxquels on rajoute la gestion de certains biens collectifs (tels que les routes, les ponts…).

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