Les incidences de l’intégration économique régionale : l’exemple européen

0
4636

Les incidences de l’intégration économique régionale en Europe

Les incidences d’une intégration économique régionale réussie sont principalement monétaires. Elles se traduisent pas des critères à respecter mesurés par des ratios servant d’indicateurs.

Les critères de convergence

Les critères d’optimalité et de stabilité de la zone monétaire (évoqués par Mundell en 1960) sont :

  • Parfaite mobilité des facteurs de production (permise par la libre circulation) au sein de la zone d’intégration économique régionale
  • Stabilité monétaire : parité fixe à l’intérieur de la zone (l’Union Européenne a désormais une monnaie unique, l’euro), mais parité flexible à l’extérieur de la zone d’intégration économique régionale autorisant des fluctuations (pouvant même être fortes) pour permettre d’absorber les chocs externes (par exemple la dégradation de la balance commerciale)
  • Lutte contre l’inflation (en cas de problème monétaire) via l’augmentation des taux d’intérêts (nécessite l’intervention des banques centrales de la zone d’intégration économique régionale)

Pour ce faire, l’Union Européenne a défini des critères de convergence lors du Traité de Maastricht en 1992 : pour avoir des États intégrés stables, il lui faut surveiller leurs politiques budgétaires et monétaires.

criteres-convergence-union-europeenne
Les critères de convergence de l’Union Européenne définis par Maastricht

Les ratios utilisés en Europe pour mesurer la convergence

La Banque Centrale Européenne a pour mission de veiller à maintenir la stabilité des prix. L’Europe a donc fixé des critères de convergence afin d’éviter l’inflation (en contrôlant la masse monétaire), les dérives publiques et les déficits budgétaires, que les pays de la zone d’intégration économique régionale doivent s’efforcer de respecter. Ces normes à respecter sont mesurées par des ratios. Toutefois, aucune sanction n’est prévue pour les pays qui ne respectent pas ces règles (hors Pacte de Stabilité & Croissance).

  • Le ratio de la dette par rapport au P.I.B (Produit Intérieur Brut) doit être inférieur à 60%.
  • Le ratio de la masse salariale dans le secteur public par rapport aux recettes publiques (cela sert à savoir s’il n’y a pas “trop de fonctionnaires” par rapport aux recettes publiques) doit être inférieur à 50%. Si la masse salariale augmente, le pouvoir d’achat augmente aussi, la consommation aussi, d’où un dynamisme économique. De plus, l’emploi augmente, donc le chômage diminue. Toutefois, à long terme, cela peut augmenter la dette publique (et les déficits budgétaires) et aboutir à un fort endettement de l’État.
  • Le ratio des dépenses d’investissements publics (infrastructures, réseau, etc) comparées aux recettes fiscales doit être supérieur à 30% (car ce sont des investissements sur le long terme).
  • Le déficit budgétaire ne doit pas dépasser 3% du P.I.B.
  • Le taux d’intérêt ne doit ni être trop élevé (car il pénaliserait l’économie en n’offrant pas d’argent aux emprunteurs), ni trop faible (car il aurait des conséquences inflationnistes). En effet, un taux d’intérêt trop fort augmente le coût du crédit, donc la demande de crédit diminue et la consommation et l’investissement diminuent. Cela aboutit à la récession et à l’augmentation du chômage. Un taux d’intérêt trop faible aura tendance à laisser les vannes du crédit trop ouvertes, donc l’inflation augmentera (plus de masse monétaire). Le taux d’intérêt est fixé par les banques centrales (Banque Centrale d’Angleterre, Banque Centrale Européenne…).
ratios-criteres-convergence-union-europeenne
Les ratios permettant d’atteindre les critères de convergence tels que fixés par l’Union Européenne

 

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.