Quand un consultant IT dépasse les plafonds de la micro-entreprise, deux options reviennent systématiquement sur la table : la SASU ou le portage salarial. Les deux permettent de facturer sans limite de chiffre d’affaires, mais leur traitement fiscal et social diverge fortement, avec des conséquences directes sur le revenu net perçu.
La SASU soumet le consultant à l’impôt sur les sociétés (IS) au niveau de la structure, puis à l’impôt sur le revenu (IR) sur la rémunération ou les dividendes perçus, avec une gestion comptable à assumer en propre. Le portage salarial fonctionne différemment : il n’y a pas de société à créer, le consultant est directement salarié de la société de portage, et sa rémunération est imposée à l’IR dans la catégorie des traitements et salaires, comme n’importe quel salarié classique.
SASU : une fiscalité à deux étages, plus flexible mais plus complexe
En SASU, les bénéfices de la société sont d’abord soumis à l’IS (15 % jusqu’à 42 500 € de bénéfice, 25 % au-delà, sous conditions). Le président peut ensuite se rémunérer sous deux formes : un salaire, imposé à l’IR après application des cotisations sociales du régime assimilé salarié, ou des dividendes, imposés soit au prélèvement forfaitaire unique de 30 %, soit au barème progressif de l’IR après abattement.
Cette architecture permet d’arbitrer entre salaire et dividendes selon la situation fiscale du consultant, ce qui offre une réelle flexibilité d’optimisation. Mais elle implique aussi une comptabilité en partie double, des obligations déclaratives (liasse fiscale, assemblées générales) et généralement le recours à un expert-comptable.
Portage salarial : une fiscalité simple, alignée sur le régime salarié
En portage salarial, il n’y a qu’un seul niveau d’imposition : la rémunération versée au consultant est un salaire classique, soumis aux cotisations sociales du régime général puis à l’IR dans la catégorie des traitements et salaires. Pas de liasse fiscale, pas d’IS à calculer, pas d’arbitrage salaire/dividendes à gérer : le bulletin de paie mensuel remplace toute la mécanique comptable d’une société.
En contrepartie, la société de portage prélève des frais de gestion sur le chiffre d’affaires facturé, généralement entre 5 et 10 %. Ce coût remplace les honoraires d’expert-comptable et le temps de gestion administrative qu’implique une SASU, sans offrir la même marge d’optimisation fiscale par le jeu des dividendes.
Protection sociale : l’écart le plus significatif entre les deux statuts
C’est sur ce point que la différence est la plus nette. Le président de SASU relève du régime général de la Sécurité sociale pour sa couverture maladie, mais n’acquiert aucun droit au chômage au titre de son mandat social, sauf à cumuler un contrat de travail distinct, ce qui reste encadré. Sa retraite dépend des cotisations effectivement versées, souvent limitées si le consultant privilégie les dividendes pour optimiser sa fiscalité.
En portage salarial, le consultant cotise comme n’importe quel salarié : droits au chômage en cas de fin de mission, cotisations retraite calculées sur l’intégralité de la rémunération versée, prévoyance et mutuelle d’entreprise incluses. Pour un consultant IT qui enchaîne des missions de durées variables, cette continuité de droits sociaux pèse souvent plus lourd dans l’arbitrage que le seul différentiel de rémunération nette.
Quel statut choisir selon son profil ?
La SASU convient davantage à un consultant IT qui vise une activité pérenne, avec une volonté de développer une structure (embauche, levée de fonds, revente de société) et une appétence pour la gestion administrative ou les moyens de la déléguer. Le portage salarial s’adresse plutôt à un consultant qui veut se concentrer sur ses missions sans gérer de société, sécuriser sa protection sociale au niveau d’un salarié, et garder une totale flexibilité pour arrêter ou reprendre son activité sans formalité de dissolution.