Risque de marché et risque spécifique : le coefficient β

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Tous les cours ne réagissent pas de la même manière face au risque de marché : le coefficient β mesure le risque d’une action par rapport à celui du marché.
Tous les cours ne réagissent pas de la même manière face au risque de marché : le coefficient β mesure le risque d’une action par rapport à celui du marché.

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Le coefficient β est utilisé dans le MEDAF (Modèle d’Evaluation Des Actifs Financiers) afin de déterminer le taux de rentabilité attendu d’un actif en fonction du risque de marché et du risque spécifique.

Décomposition du risque global d’une action : Risque de marché et risque spécifique

Le risque global d’une action (ou plus généralement d’un actif financier) se compose du risque de marché (ou systématique) et du risque spécifique à l’action.

Le risque systématique est celui qui affecte toutes les titres cotés sur ce marché. Ce sont les fluctuations des cours dues aux phénomènes économiques globaux (conjoncture économique, inflation, taux d’intérêt, chômage, etc…). Si ce risque systématique affecte tous les actifs financiers présents sur ce marché, toutes ne réagissent pas avec la même ampleur (d’où la notion de β, coefficient qui traduit la corrélation entre variation du marché et variation du cours d’un actif spécifique).

Le risque spécifique est la part du risque qui s’explique par les caractéristiques propres de la société : plan de licenciement, performance, projet d’investissement, changement d’une équipe dirigeante, cession d’une partie des activités, etc. On peut réduire ce risque spécifique grâce à la diversification (contrairement au risque de marché qui lui, existe quoiqu’il arrive). On estime qu’à partir d’une trentaine d’actions d’entreprises de secteurs différents, on peut réduire à son minimum le risque spécifique.

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Coefficient β : Variation du risque spécifique par rapport au risque de marché

Toutes les actions n’ont pas la même sensibilité aux risques du marché. Elles vont varier plus ou moins fortement que le marché. Le coefficient β mesure la sensibilité de la rentabilité (le risque) d’une action (ou d’un actif) par rapport aux fluctuations du marché. Il indique dans quel sens et avec quelle amplitude le cours d’une action (sa rentabilité) varie par rapport au risque moyen du marché. En général, on calcule le coefficient β par secteur d’activité : luxe, distribution, aéronautique, etc.

Par exemple, si marché chute de 10% et que l’action Société X a un β de 1,6, cela signifie que la valeur financière de l’action X va baisser de 16%.

Tous les cours ne réagissent pas de la même manière face au risque de marché : le coefficient β mesure le risque d’une action par rapport à celui du marché.
Tous les cours ne réagissent pas de la même manière face au risque de marché : le coefficient β mesure le risque d’une action par rapport à celui du marché.

Interprétation de la valeur du coefficient β

Le coefficient β peut être interprété des manières suivantes :

  • S’il est proche de 1 : il suit la tendance du marché (même risque de marché que le marché). Par conséquent, le cours de l’actif suivra la tendance du marché.
  • S’il est inférieur à 1 : il suit plus faiblement la tendance (l’actif est moins risqué que le reste du marché). En conséquence, les fluctuations de l’actif seront moindres que celles du marché ou, autrement dit, le coefficient atténue les fluctuations du marché.
  • Le coefficient peut être supérieur à 1 : dans ce cas, il suit plus fortement la tendance (l’actif est plus risqué par rapport au marché), autrement dit, le cours de l’actif amplifie les variations du marché.
  • Il peut enfin être proche de 0. Cela indique que le titre est insensible aux variations du marché.
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NB :

  • En général, les coefficients β sont compris entre 0,4 et 1,8.

Théorie du portefeuille

Limites du coefficient β

Le coefficient β n’est pas constant dans le temps puisqu’il dépend de la stratégie de la firme. En effet, celle-ci peut évoluer à tout moment. Selon Pierre Vernimmen (1946-1996), économiste français, enseignant au groupe HEC, les principaux paramètres qui influent sur le bêta sont les suivants :

  • La sensibilité du secteur de l’entreprise à la conjoncture : plus elle est forte, plus le β est fort
  • La structure des coûts : plus de charges fixes : β plus élevé
  • La structure financière : plus d’endettement : β plus élevé
  • La visibilité des performances (informations nombreuses et de bonne qualité) : meilleure elle est, moins élevé est le β
  • Le taux de croissance des résultats : plus il est important, plus le β est fort

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