La consommation et l’épargne constituent les deux principales utilisations du revenu disponible des ménages. Une partie de ce revenu sert à acquérir des biens et des services afin de satisfaire des besoins immédiats ou futurs. La part non consommée du revenu constitue l’épargne. L’épargne ne résulte donc que du reliquat du revenu non consommé.
La notion de consommation recouvre toutefois plusieurs réalités. Il faut notamment distinguer la consommation finale de la consommation intermédiaire, la dépense directement supportée par les ménages de leur consommation effective, ainsi que les biens et services marchands des services non marchands.
Quelle est la définition de la consommation ?
La consommation désigne l’utilisation d’un bien ou d’un service afin de satisfaire directement ou indirectement un besoin.
Certains biens se détruisent par leur première utilisation. C’est notamment le cas des produits alimentaires, du carburant ou de l’électricité. D’autres s’utilisent pendant une période plus longue et ne se dégradent que progressivement. On peut ainsi consommer une voiture, un meuble ou un appareil électroménager pendant plusieurs années.
Les services présentent une particularité. En effet, leur consommation est concomitante à leur production. En effet, impossible de stocker une consultation médicale, un trajet en train ou encore une séance de cinéma en vue d’une consommation ultérieure.
La consommation ne coïncide pas toujours avec l’achat. On peut très acheter un bien aujourd’hui et l’utiliser plus tard. Inversement, une personne peut bénéficier d’un service sans en supporter directement le prix, par exemple lorsqu’elle fréquente un établissement scolaire public ou bénéficie d’une prestation de santé prise en charge par la collectivité.
Quelle différence entre consommation finale et consommation intermédiaire ?
La consommation finale correspond à l’utilisation de biens et de services pour satisfaire directement les besoins des ménages ou de la collectivité. L’achat de nourriture, de vêtements ou d’un abonnement téléphonique par un ménage constitue ainsi une dépense de consommation finale.
La consommation intermédiaire désigne au contraire les biens et les services utilisés ou transformés au cours d’un processus de production.
Par exemple, la farine achetée par un ménage pour préparer un gâteau relève de sa consommation finale. Mais cette même farine achetée par une boulangerie constituerait une consommation intermédiaire, car on l’utiliserait pour fabriquer du pain ou des pâtisseries destinés à la vente.
La qualification d’une dépense dépend donc moins de la nature du produit que de l’utilisation que l’on en fait.
Dépense de consommation et consommation effective des ménages
La comptabilité nationale distingue la dépense de consommation finale des ménages de leur consommation finale effective.
La dépense de consommation finale
La dépense de consommation finale correspond aux dépenses directement supportées par les ménages pour acquérir des biens et des services destinés à satisfaire leurs besoins.
Elle comprend par exemple :
- les achats de produits alimentaires ;
- les dépenses de logement, d’énergie et de transport ;
- les achats de vêtements et d’équipements ;
- les dépenses de loisirs et de communication ;
- la part des services de santé ou d’éducation directement payée par les ménages.
La consommation finale effective
La consommation finale effective est plus large. Elle comprend les biens et les services effectivement reçus par les ménages, qu’ils les aient financés eux-mêmes ou qu’ils leur aient été fournis par les administrations publiques ou par des institutions sans but lucratif au service des ménages.
Elle intègre donc :
- les dépenses directement supportées par les ménages ;
- les prestations individualisables financées par les administrations publiques ;
- certains biens et services fournis gratuitement ou à un prix réduit par des associations et d’autres organismes sans but lucratif.
Les services d’éducation et de santé financés par la collectivité constituent des exemples importants de cette consommation dont bénéficient les ménages sans en acquitter directement l’intégralité du coût.
Biens et services marchands et non marchands
Les expressions « marchand » et « non marchand » qualifient principalement les conditions dans lesquelles les biens et les services sont produits et fournis.
Qu’est-ce qu’un bien ou un service marchand ?
Un bien ou un service marchand est destiné à être vendu sur un marché à un prix économiquement significatif. En comptabilité nationale, on considère un prix comme un prix économiquement significatif lorsqu’il couvre plus de la moitié des coûts de production.
Le caractère marchand ne signifie donc pas nécessairement que le producteur réalise un bénéfice. Une entreprise peut vendre un produit à un prix inférieur à son coût ponctuel, être déficitaire ou pratiquer une promotion tout en exerçant une activité marchande.
La recherche d’un profit n’est pas non plus le seul critère. Ce qui importe est principalement l’existence d’un prix susceptible d’influencer les quantités offertes par le producteur et demandées par les acheteurs.
Qu’est-ce qu’un service non marchand ?
Un service non marchand est fourni gratuitement ou à un prix qui n’est pas économiquement significatif. Le montant éventuellement demandé à l’usager ne couvre qu’une faible partie de son coût de production.
Les services non marchands sont principalement produits par :
- les administrations publiques ;
- les collectivités territoriales ;
- les organismes de sécurité sociale ;
- les institutions sans but lucratif au service des ménages, ou ISBLSM.
L’enseignement public, la justice, la défense nationale ou certains services sociaux relèvent de la production non marchande. Évidemment, non marchand ne signifie pas que le bien ou service est gratuit pour autant. Ce sont alors les impôts, les cotisations sociales et les autres ressources publiques qui financent leur production.
Le secteur non marchand ne se limite donc pas au secteur public. Des associations, des fondations, des syndicats ou des organismes caritatifs peuvent également produire des services non marchands.
Consommation individuelle et consommation collective
La distinction entre consommation individuelle et consommation collective dépend de la possibilité d’identifier les bénéficiaires d’un bien ou d’un service.
La consommation individuelle
La consommation individuelle concerne des biens et des services dont le bénéficiaire peut être précisément identifié.
Elle comprend naturellement les biens et services directement achetés par les ménages mais également certains services financés par les administrations publiques à condition que les consommateurs soient identifiables. C’est par exemple possible pour une personne qui bénéficie d’une consultation médicale, d’une formation ou d’un enseignement.
Un service peut donc être non marchand tout en relevant de la consommation individuelle. L’enseignement public est principalement financé collectivement, mais il bénéficie à des élèves identifiables.
La consommation collective
La consommation collective correspond aux services fournis simultanément à l’ensemble ou à une partie de la population sans qu’un bénéficiaire individuel puisse être précisément identifié.
Elle comprend notamment :
- la défense nationale ;
- la justice ;
- la sécurité publique ;
- la protection de l’environnement ;
- l’administration générale ;
- l’éclairage public.
Ces services bénéficient à la collectivité dans son ensemble. Leur utilisation par une personne ne permet généralement pas d’isoler une quantité consommée individuellement.
Les différentes catégories de biens de consommation
Les biens de consommation peuvent également être classés en fonction de leur durée d’utilisation.
Les biens non durables
On appelle biens non durables les biens qui se détruisent ou se transforment rapidement lors de leur utilisation. Les aliments, le carburant, les médicaments et de nombreux produits d’entretien appartiennent à cette catégorie.
Les biens semi-durables
Les biens semi-durables peuvent être utilisés plusieurs fois, mais leur durée de vie reste généralement limitée. Les vêtements, les chaussures ou le linge de maison en constituent des exemples.
Les biens durables
Les biens durables s’utilisent de manière répétée pendant plusieurs années. Il s’agit par exemple des véhicules, des meubles et des appareils électroménagers.
En comptabilité nationale, l’achat d’un bien durable par un ménage s’enregistre généralement comme une dépense de consommation au moment de son acquisition, ce quand bien même son utilisation s’étend sur plusieurs années.
L’achat d’un logement constitue toutefois une exception importante. Il n’est pas considéré comme une dépense de consommation, mais comme un investissement du ménage.
Quels facteurs influencent la consommation des ménages ?
Le niveau de consommation dépend en premier lieu du revenu disponible des ménages. Une hausse durable du revenu permet généralement d’augmenter les dépenses, mais elle peut également conduire les ménages à épargner davantage.
D’autres facteurs influencent les décisions de consommation :
- le niveau général des prix et l’inflation ;
- les taux d’intérêt et le coût du crédit ;
- le patrimoine détenu par les ménages ;
- la confiance dans la situation économique ;
- les anticipations concernant les revenus futurs ;
- l’âge, la composition et les besoins du ménage ;
- les habitudes sociales et les préférences individuelles.
Lorsqu’un ménage craint une baisse future de ses revenus, il peut réduire sa consommation et constituer une épargne de précaution. À l’inverse, la possibilité de recourir au crédit peut lui permettre de consommer davantage que son revenu courant.
Quelle est la définition de l’épargne ?
L’épargne est la partie du revenu disponible non utilisée pour financer la consommation finale au cours d’une période donnée.
Dans une représentation macroéconomique simplifiée, le revenu disponible des ménages se répartit entre consommation et épargne :
RDB = C + E
Avec RDB le revenu disponible brut, C la dépense de consommation finale et E l’épargne.
On peut donc également écrire :
E = RDB − C
Le revenu disponible brut correspond au revenu dont disposent réellement les ménages après la prise en compte des impôts directs, des cotisations sociales et des prestations sociales reçues.
Par exemple, un ménage qui dispose d’un revenu disponible annuel de 30 000 euros et consomme 27 000 euros réalise une épargne annuelle de 3 000 euros.
Quelles formes l’épargne peut-elle prendre ?
L’épargne constitue un flux. Elle mesure la part du revenu non consommée pendant une période. À distinguer bien sûr du patrimoine qui correspond à l’ensemble des actifs détenus à une date donnée.
L’épargne peut notamment servir à :
- alimenter un compte bancaire ou un livret ;
- acquérir des titres financiers ;
- souscrire un contrat d’assurance-vie ;
- financer l’achat d’un logement ;
- rembourser un emprunt ;
- constituer une réserve destinée à faire face à une dépense future.
Lorsqu’un ménage consomme davantage que son revenu disponible, son épargne devient négative. Il doit alors emprunter ou utiliser une partie de son patrimoine antérieurement accumulé. On parle parfois de désépargne.
Comment calculer le taux d’épargne ?
Le taux d’épargne mesure la part du revenu disponible brut qui n’est pas consacrée à la consommation.
Taux d’épargne = (épargne ÷ revenu disponible brut) × 100
Dans l’exemple précédent, le ménage épargne 3 000 euros sur un revenu disponible de 30 000 euros. Son taux d’épargne est donc égal à 10 %.
Le taux d’épargne permet d’observer les arbitrages réalisés entre la satisfaction des besoins présents et la préparation des dépenses futures. Il peut augmenter en période d’incertitude, lorsque les ménages souhaitent se prémunir contre une baisse de revenu, une perte d’emploi ou une dépense imprévue.
Quel lien entre consommation et épargne ?
À revenu disponible donné, consommation et épargne sont deux utilisations concurrentes du revenu. Une augmentation de la consommation réduit mécaniquement la part disponible pour l’épargne. Inversement, une hausse de l’épargne suppose de renoncer à une partie de la consommation présente.
Cet arbitrage n’est toutefois pas totalement rigide. Un ménage peut financer une dépense en utilisant une épargne accumulée précédemment ou en recourant au crédit. Il peut également choisir d’épargner aujourd’hui afin de financer une consommation future.
La consommation répond donc principalement aux besoins présents, tandis que l’épargne permet de différer une partie de l’utilisation du revenu, de se protéger contre les risques et de financer des projets ou des investissements futurs.