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Redéfinir notre rapport à l’IA et au Big Data dans un cadre qui privilégie fiabilité et responsabilisation

Gautier OLIVEREAU & Jade BERRE , Responsables de conférences pour le salon Big Data & AI Paris
Gautier OLIVEREAU & Jade BERRE , Responsables de conférences pour le salon Big Data & AI Paris

Peut-on envisager une domination de la prouesse technique sur la prouesse humaine liée à l’intelligence artificielle (IA) ? A cet égard, l’introduction du modèle « JEPA » (Joint Embedding Predictive Architecture) compare support visuel et sonore depuis juin 2023 et invite à cette réflexion. Face à cette performance, la distinction entre intelligence humaine et celle de la machine devient floue. Quelles sont les réponses aux défis éthiques de l’IA et du Big Data à privilégier ?

Redéfinir le rôle de l’IA

Reconduire la création de valeur ajoutée en utilisant l’IA et le Big Data, c’est dans un premier temps, valoriser le travail et les compétences en instaurant un cadre qui favorise l’humain. Dans un second temps, c’est aussi admettre les limites de celui-ci, en l’instaurant dans un cadre éthique. En ce sens, réaffirmer ce duo en tant que facilitateur ou outil de valorisation du potentiel humain et non comme des finalités.

Derrière la problématique de l’éthique se cache l’influence de l’environnement sur l’homme, propice à la création de biais qui mettent en péril la qualité des données. Parallèlement, le volume important de ces données favorise la possibilité d’erreurs.

Encadrer la responsabilité

Par ailleurs, l’IA engage une responsabilité. En effet, certains secteurs tels que la santé, la justice, la défense ou même la conduite autonome nécessitent une surveillance accrue et peuvent avoir de graves conséquences sur la vie humaine. Une IA porte-t-elle la même responsabilité qu’une personne physique ou morale ou est-elle issue d’une catégorie différente ? Dans le cas où un accident impliquant une IA se produit, la responsabilité doit-elle être portée sur le créateur de la technologie ou sur l’utilisateur ?

Si l’on suit la logique de lier l’utile à l’agréable, s’interroger sur les défis éthiques c’est aussi révéler la valeur ajoutée de l’IA et du Big Data tout en répondant à des enjeux publics, sociaux et environnementaux qui facilitent l’unification. Implémenter une culture de l’éthique autour de l’IA, c’est faire table rase des inquiétudes qu’elle suscite et favoriser une IA éthique de la conception à l’usage. Respecter la confidentialité des données, valoriser le libre-arbitre et l’intelligibilité du consentement de l’utilisateur sert cette ambition. Dans cette logique, développer des modèles open source en tant qu’alternative aux grands modèles existants, offre une voie vers plus de transparence sur la collecte et l’utilisation des données des utilisateurs.

Force est de constater que Meta, Google ou OpenAI ne sont plus seulement géniteurs de technologies mais sont aussi responsables d’un nouveau paradigme :  implémenter une culture de l’éthique autour de l’IA, en ligne avec les réglementations européennes.