Les nouveaux mécanismes économiques des années 1980

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Pour répondre aux crises, de nouveaux mécanismes économiques s’imposent pendant les années 1980. Quels sont-ils ?

La crise des années 1980 se manifeste par de l’inflation et la diminution du pouvoir d’achat. Les charges des entreprises augmentent, notamment les charges financières. Les entreprises connaissent une diminution de leur chiffre d’affaires, d’où des licenciements. Pour la première fois, on connait du chômage et de l’inflation (stagflation) en masse. La croissance est atone (récession en 1974, très faible croissance en 1975 – 1977). Concernant l’emploi, la situation se dégrade. La période de plein-emploi s’estompe. Le chômage massif apparait et touche des victimes spécifiques (personnes âgées de plus de 50 ans, les jeunes, les personnes peu ou pas qualifiées, les femmes, les immigrés). Les personnes cumulant ces différents statuts connaissent le taux de chômage le plus élevé.

Dans les années 1970, des taux d’inflation à deux chiffres apparaissent (14-16% en France, 25% au Japon, 20-21% au Royaume-Uni) dans les années 1970. En réaction, les taux d’intérêt atteignent eux aussi des montant à deux chiffres (13-15% dans les années 1970). En conséquence, les investissements diminuent. Les entreprises subissant la hausse des taux d’intérêts subissent aussi la hausse des charges financières. Les agents économiques sont très endettés : la croissance reposait sur l’endettement et du crédit. En effet, le crédit était très facile pour les entreprises et les ménages. L’inflation a également incité à l’emprunt (l’inflation favorise l’emprunteur). Enfin, on a d’abord essayé de résoudre la crise avec une politique de relance, d’où un plus grand déficit budgétaire des États. Ceux-ci ont donc été confrontés à une augmentation de leurs dépenses et une diminution des recettes fiscales (diminution des recettes liées à l’impôt sur les sociétés et à la T.V.A et diminution des recettes liées à la T.I.P.P et l’impôt sur le revenu).

La désintermédiation bancaire

Un phénomène de désintermédiation bancaire apparaît, ajouté à des innovations financières. Avant, à chaque fois que l’on avait besoin d’argent, on allait à la banque. À la banque, les ménages et les excédents de trésoreries fournissaient cet argent aux agents qui en avaient besoin. Pendant les années 1980, on a créé un marché où la banque n’est pas présente en créant les marchés monétaires et financiers et les marchés de capitaux. La durée des prêts accordés est variable, d’où un intérêt pour les emprunteurs. L’avantage de ce marché est que tout le monde peut s’y rendre, mais il faut un minimum de 250 000 € pour intervenir sur ce marché. En général, le taux d’intérêt se fait en fonction du taux de la banque centrale. Des titres financiers sont créés : T.C.N (titre de créance négociable), action, obligation, S.I.C.A.V (Société d’Investissement à Capital Variable), etc. On assiste donc à la naissance de la finance mondiale.

Le but de la création de la désintermédiation et des innovations financières est de proposer un marché moins onéreux, moins rigide, plus souple. Les entreprises pouvaient se financer plus facilement à moindre coût, via le financement direct (par opposition au financement indirect (par la banque).

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