La théorie des organisationsLes prémices de l'analyse des organisationsTaylorisme : L'Organisation Scientifique du Travail (OST) de Frederick Winslow Taylor

Taylorisme : L’Organisation Scientifique du Travail (OST) de Frederick Winslow Taylor

Bien avant Henry Ford, inventeur du fordisme d’où découle le tayloro-fordisme, Frederick Winslow Taylor pose les principes du management scientifique et de l’Organisation Scientifique du Travail (OST) en 1911. Quels sont les principes du taylorisme ?

Le background de Frederick Winslow Taylor, inventeur du taylorisme

D’origine ouvrière, Frederick Winslow Taylor (1856-1915) n’avait pas de qualification spécifique. Il réussit néanmoins à devenir ingénieur. Dans ses analyses domine la notion du temps. Taylor veut augmenter les capacités productives par unité de temps, autrement dit la productivité. Celle-ci se calcule en rapportant la production au nombre d’heures par travailleur.

Adam Smith avait déjà travaillé sur la productivité comme en témoigne l’exemple de la manufacture d’épingles. Il décompose la fabrication d’une épingle en pas moins de 17 opérations élémentaires !

En 1911, Frederick Winslow Taylor pose les principes du management scientifique et de l’Organisation Scientifique du Travail (OST). Taylor évalue par chronomètre le temps d’exécution de chaque tâche pour d’une part maîtriser les métiers et d’autre part décomposer les tâches.

Avant

Après

Prise d’initiative : maîtrise du métier et détention des connaissances Le savoir-faire est accaparé peu à peu par les managers qui le consignent, le notent. L’ouvrier ne réfléchit plus : il exécute.

Dépossession progressive du savoir des ouvriers

 

L’Organisation Scientifique du Travail (OST) : la base du taylorisme

L’OST ou Organisation Scientifique du Travail consiste en :

  • La division du travail
  • La parcellisation du travail
  • La standardisation
Les Temps Modernes (1936)
Le film « Les Temps Modernes » montre les conditions de travail et de vie d’un ouvrier d’usine employé sur une chaîne de production appliquant les principes du taylorisme.

La division du travail

La division du travail prend deux formes. Elle est horizontale lorsqu’elle consiste à décomposer chaque opération en opérations élémentaires. Chaque geste est ainsi étudié et chronométré. Elle est verticale lorsque la réflexion, la préparation, l’exécution et le contrôle sont attribués à des groupes d’individus différents.

La parcellisation du travail

Les ouvriers accomplissent un travail répétitif, toujours le même. Chacun a sa propre tâche. Cela favorise le burnout et les TMS (Troubles Musculo-Squelettiques), dus à une surutilisation de l’énergie musculaire. C’est la raison pour laquelle il faut une « armée de réserve » selon les termes de Karl Marx qui ne sont d’autres que les chômeurs. Le salaire dans les entreprises appliquant l’OST est néanmoins supérieur à la moyenne afin de compenser la grande pénibilité du travail à accomplir.

La standardisation

La standardisation est la fabrication à l’identique à grande échelle grâce à la description détaillée des produits. Les pièces deviennent alors interchangeables entre les produits fabriqués par l’entreprise. Cela permet d’une part un gain de temps, mais aussi une baisse du nombre de références en stock à gérer.

Le Taylorisme s’est inscrit dans un contexte socio-économique particulièrement favorable à son développement. L’essor industriel était florissant. L’immigration aux États-Unis est l’autre élément qui a permis le développement du Taylorisme. Le pouvoir de négociation des syndicat se réduit de ce fait, les immigrés tirant les conditions de travail vers le bas. En effet, ces immigrés acceptent les conditions de travail qui sont pourtant difficiles car ils ne savent ni lire, ni écrire ni parler anglais.

Le Taylorisme n’est pas sans limites : l’épuisement, la monotonie et la fatigue ne sont que quelques-unes de ses conséquences. C’est en réaction au risque d’explosion sociale généré par ce modèle d’organisation du travail que les entreprises commencent à prendre en compte la gestion des ressources humaines (GRH).