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Le 24 août dernier n’était pas que le 450ème anniversaire du massacre de la Saint Barthélémy. Le 24 août 1572 fut en effet un bain de sang, lui-même résultat d’une guerre civile achevée par l’Édit de Nantes d’Henri IV. A vrai dire, le 24 août 2022 n’a pas grand chose à voir avec cela, même s’il peut lui aussi rester dans l’Histoire. Pourquoi cela ? Car le Président de la République y a évoqué la « fin de l’abondance et de l’insouciance ». Douces insouciance et abondance… Serait-ce la fin de votre règne bicéphale dans la douce France ? Serait-ce la fin de l’opulence ? Serait-ce le retour de la sobriété ? Cela reste à voir…

La fin de l’abondance : au revoir douce insouciance…

La fin des liquidités sans coût

C’est en introduction du Conseil des Ministres que le Président de la République a employé la formule « fin de l’abondance » :

« Au fond, nous vivons la fin de l’abondance, celle des liquidités sans coût – on devra en tirer les conséquences économiques – celle de produits et de technologies qui nous paraissaient perpétuellement disponibles, la rupture des chaînes de valeurs. La rareté de telle ou telle matière ou technologie réapparaît, comme celle de l’eau. Nous aurons des dispositions à prendre. »

Emmanuel Macron, 24 août 2022, Introduction au Conseil des Ministres

Il est vrai que la crise des liquidités d’une part et d’autre part le retour en force de l’inflation, dont on pensait le spectre relégué aux oubliettes, ont fermé les vannes du Quantitative Easing (QE).

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La fin du quoi qu’il en coûte et le retour de la sobriété ?

Le Quantitative Easing remisé au placard tarit grandement les moyens d’actions de l’État. Finis les plans de relance et les politiques keynésiennes. Finis les taux d’intérêt riquiquis voire négatifs. Fini le crédit ouvert à tous sur demande. Place à la « maîtrise des comptes publics », au « retour à l’équilibre », au « sérieux budgétaire »… Terminées les dépenses sans se soucier de leur remboursement. Enterré le quoi qu’il en coûte. C’est le retour de la mesure et du contrôle… Le laisser-faire se raidit, les conditions d’octroi des crédits se durcissent, les prix montent en flèche. Et l’on se rend (enfin?) compte de la valeur des choses.

Ainsi l’eau peut nous manquer, même à nous Français qui habitons des régions tempérées. Comme il est précieux cet or bleu… L’épisode de sécheresse que nous avons vécu cet été l’a bien rappelé à notre souvenir. Et c’est à présent l’énergie qui est au centre de nos préoccupations. Comme les campagnes autour du plan « sobriété énergétique » ne cessent de nous le rappeler.

La sobriété énergétique : mesure ou démesure ?

Des stocks de gaz remplis (pour 3 mois…)

On se souvient d’une ministre invitée sur un plateau qui assurait que tout aller « bien se passer » puisque les stocks de gaz étaient pleins. Nous avons en effet des réserves. Certes, mais celles-ci ne sont que de… …3 mois. Autant dire que cela ne pouvait suffire à éteindre les inquiétudes si le conflit russo-ukrainien s’enlisait. Et il s’est enlisé… Les autorités ont, après ce discours « rassurant », dégainé un « plan sobriété énergétique ».

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Un plan sobriété énergétique déployé

Ce plan sobriété énergétique s’appuie sur une quinzaine de mesures principalement axées autour du contrôle de la température (de l’eau comme des pièces) d’une part et d’autre part ce qu’on pourrait qualifier de « mesures de bon sens » (éteindre les pièces inoccupées, réduire l’intensité lumineuse…). On pourrait penser que ces mesures ne prêteraient pas à discussion, mais ce n’est pas le cas…

Le plan sobriété énergétique contesté

Focalisons-nous sur le chauffage à 19°C, chiffre qui semble faire consensus. Semble, car l’UNEF considère intolérable une telle situation :

« Les enseignants feront cours en couverture de survie, et les étudiants grelotteront de froid. On ne peut pas réussir ses études dans de telles conditions »

Imane Ouelhadj, Présidente de l’UNEF, septembre 2022

Que répondre à cela, si ce n’est que le chemin vers la sobriété ne se fera pas sans souci ? Effectivement Monsieur le Président, c’est la fin de l’insouciance…

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